Septembre 17
35 €
176 pages
21 x 27
ISBN : 978-2-84597-592-7
Avec le soutien l’EPJJ


Exposition
« Enfants en justice »
place Vendôme (Paris) lors
des journées du Patrimoine
les 16 et 17 septembre 2017
Mauvaise graine
Deux siècles d’histoire de la justice des enfants
De mauvaise graine à racaille : les mots changent, la stigmatisation perdure.

Mauvaises graines, apaches, voyous, blousons noirs, racailles : les mots changent, la stigmatisation perdure pour qualifier les mêmes rejetons des classes laborieuses. Depuis deux siècles, les mentalités oscillent entre punir et éduquer. L’invention des lieux de punition réservés aux enfants débute en 1836 avec la Petite Roquette à Paris, première et unique prison pour enfants. Suivie en 1850 des maisons de correction et colonies pénitentiaires dénoncées près d’un siècle plus tard par Jacques Prévert comme des bagnes d’enfants.
Au tournant du siècle, un discours scientifique et médical défend l’idée d’une hérédité du crime et appelle à durcir les modalités d’enfermement. Ce n’est qu’à la Libération que naît dans l’opinion un consensus en faveur de la priorité de l’éducatif sur le répressif. Si les Trente Glorieuses saluent la montée des baby-boomers, une autre jeunesse fait peur, caricaturée par les médias : les bandes de Blousons noirs. Au lendemain de Mai 68, ce sont les travailleurs sociaux eux-mêmes qui dénoncent les foyers éducatifs comme étant avant tout des lieux de répression et de discipline.

Docteure en histoire, Véronique Blanchard est responsable du Centre d’exposition « Enfants en justice » à Savigny-sur-Orge (Service de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse). Elle est membre du comité de rédaction de la Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière ».

Mathias Gardet est historien, professeur des universités en sciences de l’éducation à l’université Paris 8. Ses recherches portent sur les politiques sociales à l’égard de l’enfance et de la jeunesse. Il est l’auteur de Les Colonies de vacances (Le Cherche midi, 2014) et Histoire d’une jeunesse en marge (Textuel, 2016).