
Les juifs, les arabes, ma famille et moi
Pierre Hazan
Un récit aussi intime que politique retraçant deux siècles de cohabitation entre Juifs et Arabes.
« J’appartiens à la dernière génération de Juifs nés en terre arabe et j’ai ressenti le besoin de me retourner sur ceux qui y ont vécu avant moi. Depuis quand les dés avaient-ils commencé à rouler pour arriver à cette épouvantable tragédie ? Est-ce que tout était perdu d’avance ? Je me suis plongé dans deux siècles d’histoire à travers l’itinéraire de quelques personnes de ma famille. (…) Même si l’héritage des Juifs d’Orient a largement disparu, je veux me rappeler qu’il a existé. Et s’il a existé, il peut exister à nouveau sous une forme qui reste à inventer. La coexistence judéo-arabe n’était pas un concept pour Moshe, Daoud, Maurice et Elie : elle était une réalité quotidienne. »
Il y a Moshe le rabbin, parti de Jérusalem en 1843 à dos d’âne pour combattre les Lumières en Europe, en revenir à moitié-convaincu pour prendre finalement le parti du monde arabe contre Londres et Paris. Il y a son grand-oncle Daoud le révolutionnaire, co-fondateur du premier parti indépendantiste égyptien en 1907, condamné à mort par les Britanniques avant d’être gracié, et pourtant sioniste. Il y a son grand-père maternel Maurice, à la fois arabe, juif et britannique, au moment où toutes ses identités sont en tension dans un Proche-Orient qui s’enflamme dans les années 1940. Il y a son père, Elie, qui, après la guerre de Suez de 1956, tente de retarder le moment de l’exil sans retour, après que des centaines de milliers de Palestiniens aient été chassés de leur terre et que c’est au tour des Juifs du monde arabe d’être déracinés.
Dans ce récit passionnant où s’imbriquent petite et grande histoire, Pierre Hazan retrace deux siècles d’hybridation culturelle et politique entre les communautés juives et arabes.
Un texte qui résonne aujourd’hui comme un espoir, même si celui-ci paraît tellement fragile.


